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Edito mai 2010

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Deux ans après la crise des établissements financiers, ce sont maintenant les pays industrialisés qui doivent faire face à leurs surendettements.

La triste logique économique est respectée : si les grandes entreprises des pays les plus importants ne disposent plus de la trésorerie nécessaire, il est évident que les Etats, venus à leur secours, connaissent les mêmes errements ; errements d’autant plus graves que leur situation économique est déplorable depuis plusieurs années.

Dégradée par les agences de notation (américaines), la Grèce se retrouve en cessation de paiement, et par « effet dominos » tous les pays européens pourraient connaître le même sort, et pas seulement le Portugal ou l’Espagne : la Grande-Bretagne par exemple, où l’endettement des ménages britanniques (estimé à 108 % de leurs revenus) représente les 2/3 de la dette des ménages de l’Union Européenne.

Tous les pays industrialisés, bien que différents, supportent une dette démesurée ainsi qu’un système bancaire défaillant, ayant lui aussi accumulé des dettes abyssales.

On peut donc parler de crise mondiale des dettes publiques, et de perte de confiance des marchés financiers.

Cependant, pour être plus juste, il faut concéder aussi que tous les pays n’affichent pas la même vulnérabilité.

Très touchés, la Grèce, l’Espagne, le Portugal, l’Italie et le Royaume-Uni vont devoir accepter une politique d’austérité pour lutter contre la récession.

A moindre échelle, la France, l’Islande et le Japon, avec leurs spécificités, devront aussi faire preuve de fermeté et de solvabilité à long terme.

Les USA, l’Allemagne et les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) restent quant à eux plutôt préservés avec pourtant, à titre d’exemple, une dette des USA supérieure à … 12.970 milliards de Dollars ! Par comparaison, la dette française « se limite » à près de 1.500 milliards pour 2009.

Mais, et c’est là toute la difficulté de compréhension de ces critères économiques, les Etats-Unis, malgré leur déséquilibre, bénéficient de deux facteurs très avantageux :

  • le statut unique du Dollar, monnaie d’échange et de réserve mondiale,
  • la réserve Fédérale Américaine, habilitée à racheter de la dette publique de son pays si nécessaire.

Et derrière ces mécanismes américains, sont présents en soutien les chinois et le monde arabe.

Le monde économique et financier est une planète complexe où la mise en évidence des carences des uns reflète les qualités ou la rigueur des autres et où les intérêts de chaque pays, pourtant si différents, s’imbriquent pour former un équilibre parfois très instable, mais durable, jusqu’à maintenant.

Bruneau Marti, Gérant

Achevé de rédiger le 21 mai 2010